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Et si le vrai problème des cabinets d’avocats… c’était leur modèle économique ?

  • Photo du rédacteur: Fabrice Mauléon
    Fabrice Mauléon
  • 22 juin 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 sept. 2025

Ce que révèle (et débloque) une relecture entrepreneuriale du droit. Pourquoi les cabinets ne croissent plus ? Et si le problème n’était ni la technologie, ni les clients… mais le business model lui-même ?


Photo illustrant le modèle économique des cabinets d’avocats en mutation

Le business model classique des cabinets d’avocats : un mythe devenu carcan


La grande majorité des cabinets, en France comme ailleurs, reposent encore sur un modèle hérité du XXème siècle (ou plus ancien) :

  • Un cabinet fondé par un ou plusieurs associés,

  • Une facturation à l’heure,

  • Une structure pyramidale avec des collaborateurs qui espèrent "monter",

  • Des tâches réalisées à la main, sur-mesure, avec peu de processus reproductibles,

  • Et surtout, une confusion fréquente entre expertise technique et savoir-faire entrepreneurial.


Ce modèle a fait ses preuves. Mais il montre aujourd’hui ses limites :

  • Marges sous pression,

  • Difficulté à fidéliser les talents,

  • Burn-out des associés,

  • Attentes nouvelles des clients (vitesse, clarté, prévisibilité budgétaire).


Et comme le dit Michael Gerber dans son best-seller E-Myth, maîtriser un métier ne suffit pas pour réussir dans ce métier en tant qu’entreprise.

Ce n’est pas parce que vous êtes un excellent juriste… que vous êtes fait pour piloter un cabinet rentable et scalable.”



Des alternatives existent… mais peu de cabinets osent les tester


Un article récent publié sur Rankings.io a attiré notre attention car il pose une thèse claire qui est alignée avec nos convictions : il existe aujourd’hui une palette de modèles économiques bien plus riches que le modèle classique, testés et éprouvés par des cabinets dans le monde entier :

  • Cabinet spécialisé (ultra-niche = meilleure visibilité, moins de dispersion)

  • Offre par abonnement (Legal-as-a-Service, pour TPE/PME)

  • Cabinet remote / hybride (moins de charges, plus d’attractivité pour les talents)

  • Cabinet collaboratif (médiation, droit coopératif)

  • Cabinet lean avec externalisation massive (back office, marketing)

  • Modèles orientés produit juridique (packs, forfaits, diagnostics)


Chacun de ces modèles permet de décorréler le temps passé de la valeur perçue, et de transformer le cabinet en véritable structure entrepreneuriale.



Ce qui freine les cabinets ? Un déficit d’imagination, pas de compétence


La réalité, c’est que les freins ne sont pas juridiques ni techniques. Ils sont mentaux et culturels. La plupart des avocats continuent à travailler dans leur cabinet, au lieu de travailler sur leur cabinet — exactement ce que Gerber désigne comme le piège mortel du technicien.

Ils reproduisent sans y penser un modèle rigide, qu’ils connaissent… mais qui n’est plus aligné avec le monde d’aujourd’hui.

“On confond souvent faire le droit et faire tourner une entreprise de droit.” — Magnum Legal Club

Ce n’est pas l’IA, la concurrence, ni même les clients qui tuent les cabinets. C’est l’absence de réflexion sur leur modèle de valeur, de revenu et de fonctionnement.



Le juriste de demain doit devenir designer de modèles économiques


Ce que dit en filigrane E-Myth rejoint ce que nous prônons chez Magnum : les juristes doivent développer une nouvelle compétence stratégique : la capacité à penser leur activité comme un écosystème reproductible, scalable, rentable.

Cela suppose :

  • De construire une offre claire, positionnée, modulable ;

  • De penser en termes d’expérience client, pas uniquement de prestation ;

  • De sortir de la logique artisanale pour adopter une logique entrepreneuriale et itérative ;

  • De définir des modèles de revenus innovants : abonnement, résultat, produit, partenariat…


Et c’est là que le Magnum Legal Club Lab intervient : nous aidons les cabinets et les directions juridiques à prototyper leurs business models de demain, à les tester, à les ajuster. Pas dans la théorie. Dans le concret. À partir de leur réalité, leur vision, et leur marché.



Conclusion : être un grand avocat ne suffit plus

Aujourd’hui, pour exister durablement, il faut plus qu’une belle plaidoirie ou une expertise pointue. Il faut savoir designer son business comme on structure un dossier.


"Le juriste qui réussira demain ne sera pas celui qui maîtrise le droit. Ce sera celui qui saura faire de son cabinet un modèle économique vivant, désirable et rentable."


🔎 Pour aller plus loin :

  • Michael Gerber – E-Myth Revisited


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